D’après la base de données Eurosion, le littoral des Pays de la Loire est artificialisé sur environ 20 % de sa longueur, ce qui représente près de 100 km de linéaire côtier. Les ouvrages concernés ont des fonctions variées et appartiennent à différents types. Certains d’entre eux sont destinés à la lutte contre l’érosion marine ou à la protection des terres basses vis à vis des submersions par la mer.

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Les diverses fonctions des ouvrages côtiers

L’un des premiers objectifs des ouvrages côtiers concerne la défense contre le recul du trait de côte et les submersions marines. Les ouvrages conçus pour lutter contre l’érosion agissent la plupart du temps comme un écran de protection vis-à-vis des processus d’origine marine. C’est le cas des structures maçonnées (ex : perrés), des remblais ou des enrochements (photographie 1). Ces protections lourdes sont susceptibles de perturber localement les processus naturels et en particulier les courants (dérive littorale) et les transferts sédimentaires. Ils ont également pour effet néfaste de déplacer l’érosion en aval de l’ouvrage. Sur le linéaire côtier régional existent également de nombreux ouvrages dont la fonction consiste à protéger les espaces vulnérables vis-à-vis des submersions marines (photographie 2). Des segments littoraux entiers sont ainsi renforcés par des ouvrages de défense côtière (photographie 3).


Photo d'enrochement visant à protéger des habitations contre le recul du trait de côte dans l’anse aux Moines (commune de Château d’Olonne, Vendée).

Photographie 1 : enrochement visant à protéger des habitations contre le recul du trait de côte dans l’anse aux Moines (commune de Château d’Olonne, Vendée). Dans ce secteur, le trait de côte est une falaise vive évoluant à la fois sous l’effet des agents d’érosion marins (déferlement) et continentaux (glissements de terrain affectant les argiles). Cliché pris le 6 juillet 2016 © OR2C – R. Kerguillec.


Photo d'ouvrage de protection contre les inondations par la mer et le recul du trait de côte (commune de l'Aiguillon-sur-Mer, Vendée).

Photographie 2 : localisée sur la commune de l’Aiguillon-sur-Mer (Vendée), la digue du Génie est un ouvrage de protection contre les inondations par la mer et le recul du trait de côte, qui artificialise le littoral sur plus de 5 km entre la localité de l’Aiguillon-sur-Mer et la pointe de l’Aiguillon. Construite à partir de 1863 dans le cadre de la poldérisation de l’anse de l’Aiguillon, cette digue a pour principale fonction de protéger les polders situés au nord de la pointe de l’Aiguillon. Des travaux de renforcement de l’ouvrage ont débuté au mois de mars 2017. Ils sont réalisés dans le cadre du PAPI du Lay, porté par le Syndicat mixte Lay – Marais poitevin. Cliché pris le 6 juillet 2016 © OR2C – R. Kerguillec.


Photo d'aménagements lourds en termes de défense côtière (secteur des Eloux, île de Noirmoutier).

Photographie 3 : sur l’île de Noirmoutier, le secteur des Eloux fait l’objet de plusieurs aménagements lourds en termes de défense côtière. Les ouvrages concernent principalement des enrochements (premier plan) et une série d’épis transversaux (second plan), auxquels s’ajoutent des pieux hydrauliques qui ont pour but de disperser l’énergie de la houle et de limiter la remise en suspension du sable. Cliché pris le 14 novembre 2016 © OR2C – R. Kerguillec.

Une seconde catégorie d’ouvrages côtiers concerne les aménagements réalisés dans le cadre des activités littorales, qu’elles soient balnéaires, portuaires, aquacoles (ex : marais salants) ou halieutiques (photographies 4 à 6). Ces ouvrages ont une emprise spatiale importante dans les grandes stations balnéaires (ex : la Baule, Saint Jean de Monts, Les Sables d’Olonne) et dans les principaux ports régionaux (ex : Saint-Nazaire / Montoir). Entrent également dans cette catégorie les digues construites dans le cadre de la polderisation, en particulier dans le marais breton et le marais poitevin. Sur le littoral régional comme ailleurs sur la côte atlantique, si les premiers assèchements des zones humides ont commencé au le Moyen-Age, les grandes opérations planifiées ont surtout vu le jour à partir du XVIIe siècle (ex : marais poitevin). L’anse de l’Aiguillon compte par exemple plus de 7000 ha de terres poldérisées, dont près de la moitié ont été réalisées au XVIIIe siècle (Godet et al., 2015).


Photo des quais du port de Paimboeuf.

Photographie 4 : les quais du port de Paimboeuf, en rive gauche de l’estuaire de la Loire (Loire-Atlantique). Paimboeuf devient dès le XVIIème siècle un avant-port de Nantes. Le port accueille à ce titre les navires trop encombrants pour pouvoir remonter la Loire jusqu’à Nantes, et le commerce triangulaire occupe au cours de cette période l’essentiel de son activité. Cliché pris en juin 2013, lors des Journées de l’Association de Géographes Français © OR2C – R. Kerguillec.


Photo d'artificialisation du trait de côte sur la plage du Bouil (commune de Saint-Vincent-sur-Jard, Vendée).

Photographie 5 : artificialisation du trait de côte sur la plage du Bouil, à Saint-Vincent-sur-Jard (Vendée). Cliché pris le 6 juillet 2016 © OR2C – R. Kerguillec.


Photo des remblais et accès à la mer en baie de la Baule.

Photographie 6 : en baie de la Baule, le trait de côte est en grande partie artificiel en raison des remblais et des accès à la mer. La plage de la Baule est vulnérable vis-à-vis des houles de sud-ouest. Cliché pris le 6 juillet 2015 © OR2C – M. Juigner.

Typologie des ouvrages

La figure 1 rassemble la plupart des ouvrages en place sur le littoral régional. Ces ouvrages entrent dans deux catégories principales qui sont déterminées selon leur fonction. A l’intérieur de ces deux catégories existe un certain nombre de types et de sous-types, déterminés en fonction de critères de localisation (ex : ouvrage à terre ou positionné sur l’avant-plage), de leur orientation (ex : ouvrage transversal ou longitudinal) ou du matériau de construction (ex : structure maçonnée, enrochement ou remblai).