Les côtes meubles résultent de l’accumulation progressive des produits de l’érosion continentale et marine. Elles entrent de ce fait dans la catégorie des côtes d’accumulation et se différencient avant tout selon la nature de leurs sédiments (littoraux sableux ou marais maritimes vaseux, voire sablo-limoneux).

La Loire-Atlantique compte environ 70 km de côtes sableuses (Cetmef, 2012) et une vingtaine de kilomètres de marais maritimes, en plus des zones humides de l’estuaire de la Loire. Le linéaire côtier de la Vendée comprend 120 km de côtes sableuses et 75 km de marais maritimes (Cetmef, 2012).

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Photo d'une plage de fond de baie fortement anthropisée (La Baule, Loire-Atlantique).

Photographie 1 : plage de fond de baie fortement anthropisée (La Baule, Loire-Atlantique). Au premier plan, noter le talus sableux mis en place par la municipalité en prévision des tempêtes hivernales. Cliché pris le 24 novembre 2016, vers le nord-ouest. © OR2C – R. Kerguillec.

Côtes sableuses

Le littoral régional présente une grande diversité de côtes sableuses, qui peuvent être distinguées en fonction de critères morphologiques et morphodynamiques. Les plages désignent des estrans composés de sable et appartiennent à différents types (photographie 1) et (photographie 2) selon leur localisation et leur morphologie d’ensemble, leur exposition ou les caractéristiques de leur ancrage (plages de poche ou de fond de baie, plages ouvertes). Les flèches sableuses désignent des corps sédimentaires mobiles de forme allongée, disposés plus ou moins parallèlement au rivage et ancrés à la côte par un seul point. La flèche de la pointe d’Arçay (commune de la Faute-sur-Mer, Vendée) est un exemple de flèche à crochets caractérisée par des arcs successifs aux terminaisons incurvées. Son évolution peut être suivie depuis le XVIIIème siècle grâce au géoréférencement de cartes anciennes (figure 1).


La plage ouverte du Bouil (commune de Saint-Vincent-sur-Jard, Vendée). Cliché pris le 6 juillet 2016, vers l’est. © OR2C - R. Kerguillec.

Photographie 2 : plage ouverte du Bouil (commune de Saint-Vincent-sur-Jard, Vendée). Cliché pris le 6 juillet 2016, vers l’est. © OR2C – R. Kerguillec


Évolution de la flèche de la pointe d’Arçay (commune de la Faute-sur-Mer, en Vendée).

Figure 1 : évolution de la flèche de la pointe d’Arçay (Vendée) depuis le XVIII eme siècle. © OR2C – R. Kerguillec.

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Photo du tombolo de la presqu’île de Pen Bron à la Turballe.

Photographie 3 : tombolo de la presqu’île de Pen Bron (commune de la Turballe, Loire-Atlantique) compose le tombolo double de la presqu’île de Guérande avec le tombolo de la Baule. Il est renforcé par des enrochements sur sa face ouest. Cliché pris, le 24 novembre 2016, vers le sud. © OR2C – R. Kerguillec.

Une flèche aboutit dans certains cas à la formation d’un tombolo, qui désigne une flèche ayant rejoint un îlot proche de la côte : c’est le cas en presqu’île de Guérande où s’observe l’un des rares exemples français de tombolo double (photographie 3). Le littoral régional comprend également d’autres formations sableuses peu fréquentes, tel que le système musoir / poulier de l’embouchure du Payré (photographie 4).


Le système musoir / poulier du havre du Payré (commune de Talmont-Saint-Hilaire, Vendée).

Photographie 4 : système musoir / poulier du havre du Payré (commune de Talmont-Saint-Hilaire, Vendée). Cliché pris le 6 juillet 2016, vers le sud-est. © OR2C – R. Kerguillec.


Photo du cordon dunaire externe et dune blanche sur la commune de la Tranche-sur-Mer.

Photographie 5 : cordon dunaire externe et dune blanche (commune de la Tranche-sur-Mer, Vendée). Cliché pris le 6 juillet 2016, vers le nord-ouest. © OR2C – R. Kerguillec.

Les formations sableuses se manifestent fréquemment, mais de façon non-systématique, par un profil transversal associant une plage à un cordon dunaire (photographie 5). Les grands systèmes sableux vendéens sont des dispositifs composés en principe, de l’océan vers l’intérieur, d’un cordon dunaire externe et mobile (dune blanche), d’une dépression interne (lette et dune grise), puis d’un cordon interne plus ancien, fixé et colonisé par une forêt littorale (dune boisée) (figure 2 et photographie 7). Ces formations forestières littorales s’organisent selon une zonation caractéristique commandée par la distance à la côte. Elles se composent majoritairement de feuillus à feuillages persistants et de conifères (photographie 6).


Photo du bois de Saint-Jean sur la commune de Château d’Olonne.

Photographie 6 : bois de Saint-Jean (commune de Château d’Olonne, Vendée) est un exemple de formation forestière littorale sur substrat sableux. Il est essentiellement composé d’espèces à feuillages persistants et notamment de chênes verts (Quercus ilex) et de pins maritimes (Pinus pinaster). Il comporte également une lande atlantique à bruyères (Erica sp.) et à fougères. Il a été acquis par le Conservatoire du Littoral en 1979 et bénéficie du Régime Forestier depuis 1983. Il est géré par la commune de Château d’Olonne avec l’aide financière du Conseil Général de la Vendée. Cliché pris le 6 juillet 2016, vers le nord-ouest. © OR2C – R. Kerguillec.


Profil transversal schématique plage / système dunaire.

Figure 2 : profil transversal schématique plage / système dunaire. © OR2C – R. Kerguillec.


Prise de vue par drone du massif dunaire de la plage des mouettes.

Photographie 7 : prise de vue par drone du massif dunaire de la plage des mouettes (commune de Saint Hilaire de Riez, Vendée). Cliché pris le 14 novembre 2016, vers le nord. © OR2C – R. Kerguillec.


Photo des marais de Guérande en arrière du tombolo de Pen Bron.

Photographie 8 : marais de Guérande en arrière du tombolo de Pen Bron (commune de Guérande, Loire-Atlantique). Un marais maritime ouvert et fortement anthropisé (marais salants). Cliché pris le 24 novembre 2016, vers le sud-est. © OR2C – R. Kerguillec.

Marais maritime

Les marais maritimes sont particulièrement bien représentés sur le littoral des Pays de la Loire (figure 3), où ils occupent de vastes superficies rétrolittorales (photographie 8) et la majeure partie de l’estuaire de la Loire (photographie 9).

Ils correspondent néanmoins à des milieux divers, en fonction de leur superficie, des aménagements humains et des modalités de leur mise en place (fermeture progressive par une ou plusieurs flèches sableuses, marais d’embouchure, marais aménagé), de leurs relations avec l’océan et de leurs caractéristiques hydrologiques (marais ouverts, marais artificiellement ou naturellement fermés, etc…).


Zone humide de l’estuaire de la Loire.

Photographie 9 : zone humide de l’estuaire de la Loire. Cliché pris lors des journées de l’Association de Géographes Français, juin 2013 © OR2C – R. Kerguillec.


Les marais maritimes en pays de la Loire.

Figure 3 : marais maritimes en Pays de la Loire. © OR2C – R. Kerguillec.