Les côtes rocheuses correspondent à des côtes d’érosion. En ayant recours à un certain nombre de critères et en particulier à leur morphologie, celles-ci peuvent être rangées dans deux catégories.

La première regroupe les côtes à falaises, qui désignent des ressauts rocheux en pente forte, au contact de la terre et de la mer, la plupart du temps dépourvus de végétation et à rapporter principalement à l’érosion marine. A l’intérieur de cette catégorie, la structure permet de distinguer des falaises homogènes, formées à partir d’une seule roche, et des falaises composites associant au moins deux types de roches.

La seconde catégorie concerne les basses côtes rocheuses. Elle comprend les platiers rocheux (en principe associés aux falaises) et les côtes de dénudation, qui désignent quant à elles des littoraux rocheux sans falaise dont la couverture sédimentaire sus-jacente a été évacuée.

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Les côtes à falaises

En Loire-Atlantique, les côtes à falaises sont bien représentées de la baie de Pont-Mahé à la Turballe (photographie 1) où elles occupent des segments littoraux de longueurs inégales qui s’intercalent entre des criques de dimension variable. Elles concernent également l’essentiel de la côte sauvage du Croisic, et s’observent ensuite localement sur la rive droite de l’estuaire de la Loire (ex : falaises de Saint-Marc).

Au sud de l’estuaire, les falaises sont principalement localisées dans le secteur de Préfailles mais aussi à l’est et à l’ouest de Pornic (photographie 2).

On les retrouve par ailleurs dans le secteur de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (corniche vendéenne) (photographie 3), puis au sud des Sables d’Olonne (littoral des communes de Château d’Olonne, de Talmont-Saint-Hilaire et de Jard-sur-Mer). Elles concernent également la quasi-totalité du linéaire côtier de l’île d’Yeu. Dans tous les cas, les falaises correspondent à des ressauts dont l’altitude est dans la plupart des cas modérée (10-15 m). Elles n’en demeurent pas moins d’une grande variété lithologique et entretiennent des rapports étroits avec la structure.



Photo des falaises de Pen-Bé, à l’embouchure de l’étier de Pont d’Arm (commune d’Assérac, Loire-Atlantique).

Photographie 1 : falaises composites de la pointe de Pen Bé, à l’embouchure de l’étier de Pont d’Arm (commune d’Assérac, Loire-Atlantique). Ces falaises sont particulièrement exposées aux houles d’ouest en même temps que leur partie supérieure, d’un degré d’altération plus poussé, connaît une érosion de type continental (ravinement et mouvements de masse de type éboulement). Cliché pris le 6 mai 2016, vers le sud-ouest. © OR2C – R. Kerguillec.



Photo des falaises de la côte de Jade (commune de Pornic, Loire-Atlantique).

Photographie 2 : falaises de la côte de Jade (Sainte Marie-sur-Mer, Loire-Atlantique). Cliché pris le 14 novembre 2016, vers l’ouest. © OR2C – R. Kerguillec.



Photo des platiers rocheux, haut de plage sableux et falaises (commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Vendée).

Photographie 3 : platiers rocheux, haut de plage sableux et falaises de la corniche vendéenne (Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Vendée). Cliché pris le 14 novembre 2016, vers le nord-ouest. © OR2C – R. Kerguillec.

Les basses côtes rocheuses

Au nord de l’estuaire, les basses côtes rocheuses sont bien représentées dans le secteur de Piriac-sur-Mer. Au sud de la Loire, on les retrouve sur le linéaire côtier de Préfailles qui comporte quelques platiers rocheux étendus (secteur de la pointe Saint-Gildas). Les sites les plus représentatifs de cette catégorie s’observent ensuite principalement, dans le secteur de Château d’Olonne (photographie 4) et sur la côte de Jard-sur-Mer, où les platiers taillés dans le socle métamorphique hercynien occupent des espaces larges de plusieurs centaines de mètres (photographie 5).

Les côtes rocheuses sont soumises dans leur ensemble au phénomène de recul du trait de côte dans des proportions qui varient en fonction d’un certain nombre de paramètres et selon la combinaison, ou non, de processus marins et continentaux. La structure d’une côte rocheuse (résistance et degré d’altération de la roche, structure tectonique et degré de fracturation, etc…), la configuration de la côte et de l’avant-côte (influence sur la direction et la dynamique des houles) et la présence ou non de débris (photographie 6) amplifiant le pouvoir érosif des houles (sables et surtout galets), comptent à ce titre parmi les paramètres les plus décisifs intervenant dans le recul de ce type de côte.



Photo de la basse côte rocheuse (commune de Château d’Olonne, Vendée).

Photographie 4 : basse côte rocheuse (commune de Château d’Olonne, Vendée). Cliché pris le 14 novembre 2016, vers le nord-ouest. © OR2C – R. Kerguillec.



Photo d'un vaste platier rocheux à l’ouest de la plage de la mine (commune de Jard-sur-Mer, Vendée).

Photographie 5 : vaste platier rocheux à l’ouest de la plage de la mine (commune de Jard-sur-Mer, Vendée). Cliché pris le 6 juillet 2016, vers l’ouest. © OR2C – R. Kerguillec.



Photo d'une falaise composite précédée de son platier rocheux (commune de Jard-sur-Mer, Vendée).

Photographie 6 : falaise composite précédée de son platier rocheux (commune de Jard-sur-Mer, Vendée). Noter la discordance Paléozoïque/Lias, au même titre que l’érosion différentielle de la falaise (à la base de la falaise, encoches et grottes résultant de l’action érosive des galets ; dans la partie supérieure, surplombs soumis à des mouvements de masse ; au sommet, action du ravinement dans les dépôts quaternaires et déchaussement de racines). Cliché pris le 6 juillet 2016, vers l’est. © OR2C – R. Kerguillec.