Les aléas « recul du trait de côte » et « submersion marine » comptent parmi les risques les plus fréquents sur les côtes des Pays de la Loire dont la vulnérabilité résulte, comme ailleurs, de la combinaison de facteurs naturels et anthropiques. Le littoral régional compte ainsi une trentaine de secteurs côtiers à risque avéré (figure 1).

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Quels risques côtiers ?

On s’accorde pour définir un risque naturel comme l’association d’un aléa et d’un enjeu. Dans cette définition, le terme « aléa » concerne un phénomène naturel potentiellement destructeur et le terme « enjeu » désigne les personnes et les biens qui y sont directement ou indirectement exposés. En domaine côtier, les caractéristiques des aléas dépendent d’un certain nombre de paramètres, notamment de la zonalité et des caractéristiques de la côte (ex : configuration, bathymétrie, type de côte, type de substrat).

Sur le littoral des Pays de la Loire, ces phénomènes concernent essentiellement l’aléa « recul du trait de côte » et l’aléa « submersion marine ». Le premier se définit comme une progression durable de la mer sur l’espace continental sous l’effet de l’érosion, tandis que le terme « submersion marine » s’applique à une inondation rapide et de courte durée de la zone côtière par la mer. Le littoral régional est cependant affranchi de certains types de risques côtiers et notamment du risque tsunamique en raison de sa localisation sur une marge passive.

Il est en tout cas entièrement couvert par les Plans de Prévention des Risques (PPR) ce qui traduit sa vulnérabilité potentielle.

Enjeux et vulnérabilité

Le recul du trait de côte s’applique à tous les faciès littoraux, qu’il s’agisse des côtes meubles (plages, dunes, marais maritimes) ou des côtes rocheuses, et ses rythmes varient d’abord en fonction de l’efficacité des processus et de la résistance des terrains. Ce phénomène ne devient un risque qu’en présence d’enjeux humains (hommes, bâti, infrastructures, activités économiques, etc…) ou non-humains (végétation, faune, biodiversité, etc…) situés à proximité des zones en érosion.
Les submersions marines peuvent également concerner tous les types de côtes. Elles ont néanmoins de plus fortes probabilités d’affecter les zones de faible altitude, donc les espaces rétrolittoraux occupés par des marais maritimes ou situés en arrière des cordons dunaires de faible élévation, de largeur réduite ou fragilisés par l’érosion marine ou anthropique.
La particularité des submersions marines tient notamment à l’étendue des superficies qu’elles sont susceptibles d’affecter au cours d’un même épisode et la région Pays de la Loire est particulièrement vulnérable vis-à-vis de ce phénomène compte tenu de l’étendue des zones basses situées à proximité du littoral.

A titre d’exemple, le niveau marin lors de la tempête Xynthia du 28 février 2010 a atteint près de 4,70 m NGF dans le sud de la Vendée et près de 4,20 m NGF sur les côtes de Loire-Atlantique, donnant lieu à 23 000 ha de surfaces submergées en région Pays de la Loire, dont 13 000 ha en Loire-Atlantique et un peu plus de 10 000 ha en Vendée (DREAL des Pays de la Loire et al., 2012). Selon la même source, 80 % des espaces inondés correspondaient à des terres agricoles, 17 % à des espaces « naturels » et seulement 3 % à des espaces urbanisés, localisés essentiellement en Vendée. Certaines communes d’altitude moyenne très faible ont été submergées à près de 50 % de leur surface, comme ce fut le cas à Bouée, à Lavau-sur-Loire, à l’Aiguillon-sur-Mer, à la Faute-sur-Mer, à Saint Michel en l’Herm et au Pellerin. Au total, la tempête Xynthia aura fait 35 victimes en Vendée et 2 en Loire-Atlantique.