Les submersions marines sont des inondations rapides et de courte durée de la zone côtière par la mer qui se produisent en général lors de tempêtes coïncidant avec de forts coefficients de marée. Bien que ce phénomène ne soit pas nouveau, il est mieux connu du grand public et des gestionnaires depuis la tempête Xynthia du 28 février 2010, dont les conséquences sur le littoral des Pays de la Loire ont été particulièrement lourdes (photographie 1).

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Définition et causes du phénomène

Les submersions marines requièrent des conditions météorologiques et marégraphiques particulières. Elles se produisent en général au cours d’une pleine mer lorsque les coefficients de marée sont élevés. Ces conditions marégraphiques doivent coïncider avec le passage d’une tempête impliquant une chute de la pression atmosphérique, une forte houle qui augmente le niveau d’eau à la côte ainsi qu’un vent de mer dont l’effet est de renforcer l’accumulation de l’eau à la côte (photographie 2 et 3).


Photo de submersions marines lors de la tempête Xynthia.

Photographie 1 : la tempête Xynthia du 28 février 2010 et ses effets sur le littoral vendéen. Submersion marine sur les communes de la Faute-sur-Mer et de l’Aiguillon-sur-Mer (au centre), inondations des polders situés à l’est de la digue du Génie (en bas à droite). Cliché pris le 3 mars 2010. © DTTM 85.


Photo de submersion marine par franchissement à la pointe du Devin

Photographie 2 : submersion marine par franchissement à la pointe du Devin, lors de l’épisode tempétueux du 31 janvier au 3 février 2014 (commune de Noirmoutier en l’île, Vendée). Cliché pris le 1 février 2014. © OR2C – M. Juigner.


Photo de submersion marine par franchissement à la pointe du Devin

Photographie 3 : submersion marine par franchissement à la pointe du Devin, lors de l’épisode tempétueux du 31 janvier au 3 février 2014 (commune de Noirmoutier en l’île, Vendée). Cliché pris le 1 février 2014. © OR2C – M. Juigner.

Cette conjonction de facteurs (figure 1) est susceptible d’aboutir à une surcote, c’est à dire à une élévation exceptionnelle et temporaire du niveau de la mer à la côte qui donne lieu à une inondation temporaire des espaces côtiers de faible altitude. Cette surcote est donc à la fois d’origine hydrodynamique (marée), barométrique (pression atmosphérique faible) et anémométrique (vent fort venant du large).

Les modalités de submersion

Les submersions peuvent se produire de 3 façons (figure 1). La première concerne le franchissement d’une dune ou d’un ouvrage de défense par des paquets de mer. Dans ce cas, l’importance du franchissement dépend en grande partie de l’énergie des vagues, du profil topographique, de la force et de la direction du vent. La seconde modalité de submersion concerne les submersions par débordement. Celles-ci se produisent lorsque le niveau d’eau est supérieur au sommet d’un ouvrage ou d’un cordon dunaire. Le phénomène s’accompagne en général de mouvements sédimentaires et du recul du cordon dunaire ou de sa rupture. Il est également susceptible d’endommager un ouvrage de protection ou d’occasionner sa destruction. Le dernier scénario concerne les submersions marines par rupture d’une dune ou d’un ouvrage de défense côtière. Cette rupture se produit au cours d’une séquence d’érosion intense qui crée une brèche dans un cordon ou un ouvrage côtier, permettant à l’eau de mer d’envahir les zones basses rétrolittorales. Les submersions par rupture comptent parmi les plus dévastatrices en raison de leur soudaineté et de l’importance des zones inondées.

Vulnérabilité du littoral des Pays de la Loire

Les côtes des Pays de la Loire sont particulièrement vulnérables vis à vis de l’aléa submersion marine en raison de la faible altitude des espaces rétrolittoraux et des enjeux qui s’y trouvent (voir fiche de synthèse N° 1). Le phénomène est particulièrement surveillé sur l’île de Noirmoutier, dans la périphérie du marais de Guérande, dans le marais breton et dans l’anse de l’Aiguillon, c’est à dire là où la vulnérabilité est forte en raison de la localisation, de la densité ou encore de la typologie de l’espace bâti. Ces secteurs comptent en effet parmi les zones les plus affectées par la submersion marine survenue lors de la tempête Xynthia en février 2010.